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Quels sont les nouveaux enjeux de la maintenance industrielle ?

Les prestataires de maintenance industrielle évoluent pour répondre aux nouveaux enjeux

Face au manque de personnel de maintenance dans les entreprises industrielles, il est essentiel de pouvoir s’appuyer sur le savoir-faire d’une société de services spécialisée, d’autant que ces prestataires ne se contentent plus d’agir en « pompiers » mais adoptent désormais de véritables stratégies de maintenance.

Il est coutume de dire que le recours à des prestataires de services – tendance qui n’a cessé de se répandre depuis les années 90 et 2000 – n’a fait qu’accélérer la perte de compétences en interne dans le domaine de la maintenance, fragilisant ainsi les industriels au moment où surgissent des pannes plus sérieuses que les tracas habituels. Il faut avouer que lors de la précédente – et redoutable – crise économique de 2009, de nombreuses entreprises n’ayant plus un seul technicien de maintenance ont regretté certaines de leurs décisions passées, à commencer par tout faire sous-traiter ; les investissements à l’arrêt, il fallait compter sur le matériel existant et vieillissant pour continuer de produire ; seules les sociétés ayant conservé leur savoir-faire en maintenance ont pu entretenir, réparer et remettre en marche leur outil de production afin de poursuivre leur activité ou chercher des relais de croissance.
Aujourd’hui, il apparaît un autre facteur,  celui du recrutement et, conséquence directe de la désaffection des jeunes visà-vis des filières industrielles, la difficulté de trouver et d’embaucher des personnes compétentes. À cela, David Guerchon, président de la société TSI Ingénierie, répond par une question : « Quel est votre métier ? Maintenir votre outil de production ou produire ce que vous avez à produire ? ».
Le but pour une entreprise, selon le dirigeant de cette société de services en maintenance industrielle intervenant sur des machines de process, est de « se recentrer sur les métiers de base de nos clients. C’est pourquoi nous formons nos collaborateurs en fonction de tels ou tels secteurs d’activité, technologies ou machines utilisées dans l’usine ».

ALLER AU-DELÀ DU CURATIF EN DÉVELOPPANT DES STRATÉGIES DE MAINTENANCE

Ce que l’on constate, face aux problèmes de compétences notamment, c’est qu’aujourd’hui, les entreprises, qu’il s’agisse de grands comptes ou d’ETI, ont une approche de plus en plus rationnelle
de la maintenance ; celles-ci comprennent le plus souvent l’intérêt d’avoir sous la main du personnel capable d’intervenir sur des opérations de premiers niveaux, laissant à des spécialistes le soin d’intervenir sur  des problèmes plus sérieux. Pour autant, « beaucoup de nos clients sont sensibles au fait que TSI peut se substituer à leur maintenance in situ grâce à notre offre full-services ». Le prestataire peut aussi bien s’impliquer sur la partie curative que préventive et prévisionnelle, allant même jusqu’à la gestion des stocks de pièces détachées ou la mise en place d’une GMAO.
Le défi pour TSI réside autant dans les compétences pluridisciplinaires disponibles que dans la rapidité d’intervention, « dans l’heure, à la suite d’un appel auquel nous répondons sept jours sur sept avec la mise en place d’un service d’astreintes. […]
L’objectif pour nous est de leur permettre de réduire les coûts de masse salariale et d’accroître le taux d’occupation des machines  avec des réponses d’interventions adaptées et optimisées ». TSI mesure par exemple le TRS afin de savoir si une machine est sur ou sous-dimensionnée. Une  manière de s’impliquer dans la stratégie de maintenance de l’entreprise et de faire des recommandations, notamment dans la mise en oeuvre de nouvelles technologies, dites « 4.0 » ; « l’industrie du futur nous force à former nos techniciens à des outils de nouvelle génération, aux différentes solutions logicielles existantes et à l’analyse des données qui en sont extraites, explique David Guerchon. C’est aussi un moyen de nous remettre en question et ça nous aide dans la mise en place de plan de maintenance préventive et prévisionnelle grâce à des données plus fiables concernant l’exploitation des moyens de production ».

Article de Olivier Guillon paru dans Production Maintenance n° 67 – décembre 2019.

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